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Typologies de placement pour une gestion de patrimoine personnel

  • Photo du rédacteur: Olivier HELL
    Olivier HELL
  • 2 déc. 2025
  • 7 min de lecture

Dernière mise à jour : 13 janv.


Gérer efficacement son patrimoine personnel, c’est bien plus que choisir des produits financiers. C’est une démarche structurée qui repose sur la connaissance des grandes familles d’actifs, la maîtrise des leviers fiscaux et la définition d’une stratégie cohérente avec ses objectifs de vie.


Ce guide sommaire explore les principales typologies de placement proposées par les conseillers en gestion de patrimoine (CGP) en France, en précisant leurs caractéristiques, avantages, limites et pertinence selon les profils d’investisseurs.

 


1. Comprendre la logique patrimoniale


1.1. Les cinq piliers d’une stratégie d’investissement solide

Tout placement, qu’il soit financier ou tangible, doit être analysé selon cinq dimensions fondamentales:

  • Le rendement attendu : il s’agit de la performance espérée, exprimée en pourcentage annuel, sur la durée de détention. Un bon conseiller cherche à maximiser ce rendement sans compromettre la stabilité du patrimoine global.

  • Le risque : il se manifeste sous plusieurs formes : risque de perte en capital, volatilité, risque de taux, de crédit, de contrepartie ou encore de liquidité. Chaque actif possède son propre profil de risque.

  • L’horizon de placement : correspond à la durée pendant laquelle l’investisseur accepte d’immobiliser son argent. Un horizon long autorise plus de volatilité, donc plus de potentiel de performance.

  • La liquidité : c’est la capacité à récupérer rapidement ses fonds sans pénalité ni décote excessive. Les livrets sont liquides, les SCPI ou les œuvres d’art beaucoup moins.

  • La fiscalité et les enveloppes : un même placement peut être optimisé ou pénalisé selon le véhicule juridique et fiscal choisi : assurance-vie, PEA, PER, société civile, etc.

 


1.2. La méthodologie du conseiller en gestion de patrimoine


Un CGP adopte une approche structurée, souvent en cinq étapes :

  • Diagnostic patrimonial global : recensement des actifs (immobiliers, financiers, professionnels), des dettes, des revenus, des dépenses et des objectifs personnels (projets, retraite, transmission…).

  • Profilage de risque : évaluation de la tolérance aux pertes et de la capacité financière à absorber la volatilité.

  • Élaboration d’une stratégie d’allocation : répartition optimale entre classes d’actifs selon le profil et les objectifs.

  • Mise en œuvre opérationnelle : sélection des supports, enveloppes fiscales et solutions d’investissement concrètes.

  • Suivi et ajustements : rééquilibrage périodique, arbitrages tactiques et mise à jour selon les évolutions du marché et de la vie personnelle.

 



2. Les grandes familles d’actifs et solutions de placement


Les CGP disposent d’un univers très vaste de solutions. Ces placements se regroupent en grandes familles d’actifs, chacune répondant à des besoins spécifiques : sécurité, rendement, diversification ou transmission.

 

2.1. Les placements de trésorerie et monétaires


Ce sont les plus sûrs et les plus liquides. Ils constituent le socle de tout patrimoine équilibré.


  • Comptes sur livret réglementés : Livret A, LDDS, LEP, offrant une disponibilité totale et une rémunération fixée par l’État. Rendement faible mais capital garanti.

  • Comptes à terme et dépôts à terme : engagements sur une durée déterminée, avec un taux connu à l’avance.

  • Fonds monétaires : gérés par des sociétés de gestion, investis dans des titres très courts (bons du Trésor, papier commercial). Rendement légèrement supérieur aux livrets.


➡️ Atout principal : sécurité et liquidité. Limite : protection faible contre l’inflation.

 


2.2. Les obligations – Le pilier du revenu fixe


Les obligations représentent une dette émise par un État ou une entreprise. L’investisseur perçoit des intérêts réguliers (coupons).


  • Obligations d’État : considérées comme sûres, mais sensibles à la hausse des taux.

  • Obligations d’entreprises : plus rémunératrices, mais exposées au risque de défaut.

  • Fonds et ETF obligataires : diversification automatique sur plusieurs émetteurs et maturités.

  • Produits structurés à base obligataire : combinent protection partielle du capital et performance conditionnelle.


➡️ Horizon typique : 2 à 10 ans. Risques : taux, crédit et liquidité.

 


2.3. Les actions – Le moteur de la croissance à long terme


Investir en actions, c’est devenir copropriétaire d’une entreprise. Ce type de placement vise la performance à long terme.


  • Actions en direct : via un compte-titres ou un PEA ; sélection individuelle de sociétés.

  • Fonds actions et ETF : gestion active ou passive, diversification mondiale ou thématique.

  • Dividendes : certaines stratégies privilégient le rendement régulier plutôt que la plus-value.


➡️ Horizon recommandé : 8 à 10 ans. Risque élevé mais performance historiquement supérieure.

 


2.4. Le capital-investissement (private equity)


Le private equity consiste à investir dans des entreprises non cotées. Accessible via des fonds (FCPR, FCPI, FIP) ou des véhicules spécifiques.


  • Objectif : financer la croissance ou la transmission d’entreprises, avec des perspectives de rendements élevés.

  • Avantages : forte création de valeur, incitations fiscales (réduction IR/IFI), diversification.

  • Inconvénients : liquidité quasi nulle, durée longue (8–12 ans), frais supérieurs à la moyenne.

 


2.5. L’immobilier – Une valeur tangible et intergénérationnelle


L’immobilier reste une brique essentielle d’un patrimoine équilibré.

 

Immobilier direct

  • Résidentiel : location nue, meublée (LMNP/LMP), colocation, location saisonnière.

  • Commercial et professionnel : bureaux, commerces, entrepôts, locaux médicaux.

  • Résidences de services : étudiantes, seniors, EHPAD, touristiques.

  • Dispositifs fiscaux : Pinel, Denormandie, Malraux, Monuments historiques.

 

Immobilier collectif

  • SCPI : placement mutualisé donnant accès à un portefeuille de biens locatifs.

  • OPCI : davantage de liquidité, composante financière plus marquée.

  • SCI à l’IS ou à l’IR : gestion sur mesure et transmission facilitée.

 

➡️ Horizon : 8 à 15 ans. Rendement modérément attractif (4–6 % brut) mais illiquidité notable.

 


2.6. Les produits structurés et dérivés


Outils sophistiqués combinant actions, obligations et options, conçus pour offrir des scénarios de performance encadrés.


  • Produits à barrière et autocall : versent des coupons tant qu’un seuil n’est pas franchi.

  • Certificats ou warrants : produits cotés permettant de miser sur la hausse ou la baisse d’un actif.


➡️ Complexité élevée, mais utile pour des stratégies défensives ou de rendement.

 


2.7. Les matières premières et métaux précieux


  • Or et argent : valeurs refuge historiques, conservées en lingots ou via ETF.

  • Énergies et matières premières agricoles : exposition indirecte via fonds spécialisés.


➡️ Volatilité importante, mais diversification pertinente contre l’inflation.


 

2.8. Les investissements de passion


Ils conjuguent plaisir et potentiel de valorisation : art, montres, vins, voitures de collection, bijoux, NFT.


➡️ Marchés de niche, rendement incertain mais patrimoine unique et émotionnel.

 


2.9. Les crypto actifs et la finance décentralisée


Les crypto actifs forment une nouvelle classe d’investissement reposant sur des technologies blockchain. Bien qu’encore jeune et très volatile, cette catégorie suscite un intérêt croissant chez les investisseurs curieux d’innovation.


  • Crypto monnaies : Bitcoin, Ethereum, mais aussi des milliers d’altcoins spécialisés.

  • Stablecoins : actifs numériques indexés sur une monnaie fiat (ex. USDC), utilisés pour la liquidité.

  • Staking et lending : obtenir un rendement en immobilisant ses crypto actifs.

  • Tokenisation : transformation d’actifs réels (immobilier, œuvres d’art) en jetons numériques.

  • NFT utilitaires : droits d’accès, licences numériques, objets virtuels liés à des communautés.


➡️ Risque extrême, mais potentiel de rendement élevé. Exposition limitée recommandée (1–5 %).

 



3. Les enveloppes de détention et la fiscalité


Les enveloppes sont des « contenants » fiscaux qui déterminent comment vous serez imposé, quand, et à quel coût. Bien souvent, le choix de l’enveloppe compte autant que le choix du placement lui-même.

 


3.1. Assurance vie — Le pilier de l’épargne patrimoniale


L’assurance vie est l’enveloppe la plus polyvalente du marché français.


Avantages majeurs :

  • Fiscalité adoucie après 8 ans grâce à des abattements annuels (4 600 € / 9 200 €).

  • Transmission optimisée : chaque bénéficiaire peut recevoir jusqu’à 152 500 € hors droit de succession (selon conditions).

  • Accès à presque toutes les classes d’actifs : fonds euros, UC (fonds, ETF, SCPI, private equity, produits structurés…).

  • Souplesse : rachats partiels programmés, avances, arbitrages internes.

 

Points de vigilance :

  • Frais (entrée, gestion, arbitrage) très variables d’un assureur à l’autre.

  • Qualité et diversification des supports, notamment en unités de compte.

  • Stabilité financière de l’assureur (rôle fondamental en fonds euros).

 


3.2. PEA / PEA PME — L’outil idéal pour investir en actions européennes


Le Plan d’Épargne en Actions bénéficie d’une fiscalité particulièrement attractive.

  • Exonération d’impôt sur le revenu des gains après 5 ans.

  • Placements éligibles : actions européennes, ETF UCITS Europe, titres PME (via PEA PME).

  • Plafonds : 150 000 € (PEA), 225 000 € cumul PEA + PEA PME.


➡️ Incontournable pour une stratégie long terme orientée actions.

 


3.3. Le Compte Titres Ordinaire (CTO)


Le CTO est l’enveloppe la plus libre : accès à toutes les classes d’actifs, dans toutes les zones géographiques.

  • Fiscalité : PFU (30 %) ou barème progressif.

  • Aucun plafond, aucun blocage.

  • Produit essentiel pour investir hors UE, en obligations, en ETF US, en produits dérivés…

 


3.4. PER — Le grand outil retraite


Le Plan d’Épargne Retraite est un outil puissant pour optimiser sa fiscalité aujourd’hui, en reportant l’imposition dans le futur.


Avantages :

  • Versements déductibles du revenu imposable (selon plafonds).

  • Gestion pilotée à horizon disponible.

  • À la retraite : sortie en capital, en rente, ou un mix.

 

Contraintes :

  • Liquidité limitée (sortie avant retraite seulement pour cas exceptionnels).

  • Fiscalité à la sortie variable selon la nature des versements.

 


3.5. Contrat de capitalisation


Particularités :

  • Transmissible par donation.

  • Peut être détenu par des personnes morales (ex. SCI).

  • Fiscalité des rachats comparable à l’assurance vie.

 


3.6. Les sociétés civiles et holdings patrimoniales


La structuration en société peut optimiser :

  • la transmission,

  • la gestion collective du patrimoine familial,

  • l’imposition (IR vs IS),

  • la capacité d’investissement avec effet de levier.


➡️ Outil technique nécessitant accompagnement notarial/fiscal.

 



4. Construire une allocation : méthode approfondie


Une allocation efficace repose sur une cohérence entre objectifs, horizon et tolérance au risque. Voici une méthode complète.

 


4.1. La pyramide patrimoniale en 3 étages


Base : sécurité et liquidité

  • Livrets, fonds monétaires, fonds euros.

  • 6 à 12 mois de dépenses recommandés.

Cœur : création de richesse

  • Actions (fonds/ETF), obligations, immobilier collectif.

  • 60–80 % du patrimoine financier.

Sommet : opportunités et diversification avancée

  • Private equity, crypto, produits structurés, matières premières.

  • 0–20 % selon profil.

 


4.2. Exemples d’allocations détaillées


Profil prudent

  • 50 % obligations / monétaire

  • 20 % fonds euros

  • 20 % immobilier collectif (SCPI)

  • 10 % actions défensives / dividendes


Profil équilibré

  • 40 % actions mondiales (ETF ou fonds diversifiés)

  • 30 % obligations

  • 20 % immobilier collectif

  • 10 % alternatifs


Profil dynamique

  • 70 % actions

  • 10 % obligations

  • 15 % immobilier

  • 5 % alternatifs / thématiques

 


4.3. Rééquilibrage : la clé d’une performance régulière


  • Rééquilibrage annuel ou lorsque l’écart dépasse 5 %.

  • Objectif : vendre ce qui a monté pour racheter ce qui a baissé.

  • Permet discipline, rigueur et réduction du risque.

 


4.4. Stratégie d’entrées et gestion émotionnelle


  • DCA (Investissement progressif) : lissage des points d’entrée.

  • Arbitrages graduels : éviter les décisions brusques.

  • Scénarios défensifs : que faire en cas de −20 % ?

  • Psychologie : éviter FOMO, panique, comportements irrationnels



Cette newsletter est issue de plus de 20 années d’expérience dans l’accompagnement, la formation et le pilotage des entreprises – Crédit photo : Wix Studio

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